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La menace des Finlandais en noir
Amorphis est fier de ses racines. Il y a dans les compositions du groupe un monde sonore vertigineux où s'imbriquent de la musique populaire finlandaise et des notes de guitare heavy.

"L'automne a commencé assez calmement. Nous devions partir pour l'Amérique au début d'octobre mais nous avons annulé notre tournée en été. Maintenant, quand on considère cette décision, c'était tout à fait raisonnable", Santeri Kallio, keyboard d'Amorphis, se réfère ici à la situation internationale agitée.

L'ensemble revient d'une tournée heavy "Tattoo the Planet" qui rassembla plus de onze mille fans dans les patinoires de Stockholm et de Helsinki. La vedette était le célèbre groupe américain de metal, Slayer, qui est un des modèles d'Amorphis. "Il y eut beaucoup de nostalgie quand les grandes stars de notre enfance montèrent sur la même scène. On doit reconnaître que Slayer a encore du punch. Le temps qui nous avait été alloué était vraiment trop court, pas plus d'une demi-heure", regrette Kallio.

En tournée dans le monde

Amorphis est dans la vie musicale finlandaise un phénomène rare d'internationalité. Contrairement aux stars drivées par les maisons de disques comme Him, Darude et Bomfunk MC, ce groupe de six musiciens a lui-même établi ses contacts et est allé cherché ses contrats directement à l'étranger. Cette histoire à succès a commencé il y a dix ans.

"Ici, les maisons de disques nous ont montré la porte et c'est ainsi que nous sommes partis pour l'étranger. Nous étions alors des gamins de 17 ans. La Finlande ne s'est intéressée à nous que lorsque les journaux ont raconté que nous avions vendu une quantité énorme de disques", avoue le guitariste Tomi Koivysaari en souriant.

Il a une bonne raison de sourire. Plus d'un demi million des cinq disques du groupe ont été vendus à ce jour. Avec la réussite économique le public est devenu plus nombreux et les tournées plus longues. Il fait partie des figures imposées que l'on passe au moins deux mois de l'année dans un car sur les continents européen et américain, mais les musiciens ne s'en plaignent pas: "Faire des tournées maintient la musique en vie d'une toute autre façon que quand on reste à la maison", explique Kallio.

Le groupe n'a pas non plus reculé devant des endroits aussi exotiques que le Japon ou le Mexique. "Nous ne dépendons pas de MTV. Nous avons joué dix ans dans les milieux underground et pendant ce temps-là notre nom et nos enregistrements ont fait le tour du monde. Nous avons du public partout."

Ils ont des fans partout, en particulier en Allemagne où le succès d'Amorphis a aussi ouvert la voie aux autres ensembles heavy finlandais. Se sont joints à la marche triomphale du metal finlandais Sentenced, Children Of Bodom et Nightwish.

Du metal au rock

Images 19 Kb Amorphis n'est pas resté inactif. Ces dernières années le groupe a pris ses distances avec le metal et cherché de nouvelles dimensions à sa façon de s'exprimer. Bien que l'on puisse déjà qualifier leur dernier album "Am Universum" de rock, leurs vieux admirateurs ont bien accueilli le changement de style. Alone, le single du début, est resté trois semaine en tête des hits finlandais.

Leu vieille image fait toutefois obstacle à des enregistrements à la radio et à la télévision où, par tradition, on évite la musique heavy. "C'est vraiment dommage qu'on ne joue pas plus Amorphis à la radio. On y joue actuellement des morceaux plus violents que nous", remarque Koivusaari.

Un des atouts du groupe est d'être en prise directe avec ses racines finlandaises. Les paroles des morceaux des trois premiers disques venaient de la poésie populaire, à savoir du Kalevala et du Kanteletar. Le chanteur Pasi Koskinen, qui, dans la nouvelle production, répond des paroles, compare ses poèmes à des comptes populaires modernes. Le saxophoniste Sakari Kukko, patron du légendaire ensemble de musique populaire Piirpauke, qui, avec ses images sonores psychédéliques, crée le nouveau sound Amorphis, apparaît dans les deux derniers disques. Le mariage des guitares heavy et de la musique populaire finlandaise peut sembler bizarre mais pour Amorphis l'adéquation est naturelle. "Kukko convient admirablement à notre musique. Lorsque nous étions en train de créer notre groupe, Piirpauke était déjà un des groupes qui nous a le plus influencés."

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