Petit pays - grands écrivains

La langue finnoise fait partie du groupe des langues finno-ougriennes et, compte tenu du nombre de ses locuteurs, cinq millions, ce n'est pas une langue très répandue. Elle semble même exotique à ses voisins, les Suédois et les Russes. Malgré cela, elle est très activement utilisée. Depuis le début de ce siècle, en effet, le pourcentage de personnes sachant lire, et qui lisent, est, en Finlande, l'un des plus forts du monde. La Finlande a toujours être fière de ses écrivains. Si on a élevé Aleksis Kivi à la dignité d'écrivain national, internationalement la vedette revient à Frans Emil Sillanpää, prix Nobel de littérature, et à Mika Waltari, auteur de Sinouhé l' Égyptien.

Image size 6 Kb F.E. Sillanpää (1886 - 1964) était, entre les deux guerres, le prosateur le plus estimé de Finlande et aussi l'écrivain finlandais le plus connu dans le monde. Ses œvres principales sont Sainte Misère, roman qui traite de la guerre civile qui a fait rage lors des bouleversements qui marquèrent l'accession de la Finlande à l'indépendance en 1917, et Silja ou une brève destinée qui décrit le destin d'une jeune fille. C'est justement cette œvre qui valut à Sillanpää le prix Nobel de littérature en 1939. Sillanpää a été traduit dans de nombreuses langues.
 

Sillanpää, qui, au début, se destinait à la médecine, a publié son premier roman Elämä ja Aurinko (Vie et soleil) en 1916. Il s'était fait remarquer par sa description de la nature et sa façon courageuse d'aborder la sexualité. Longtemps considéré comme un roman d' amour estival, il apparaît cependant que, lorsqu'on le lit avec plus d'attention, c'est l'histoire d'un étudiant qui, avec ses relations féminines, s'efforce d'améliorer l'estime qu'il a de lui-même.

On trouve déjà dans cette première œuvre les thèmes qui marqueront la production de Sillanpää: la difficulté d'entretenir le sentiment d'amour-propre, les problèmes d'identité, la sexualité et l'impossibilité de comprendre la mort. Les personnages de Sillanpää sont mal informés sur leurs propres besoins. Ils ne sont pas conscients des motifs qui les poussent à agir, ce qui les amènent à se poser des questions sur leur propre conduite. Sous la menace de la réalité et de leurs contradictions internes, ils s'évadent dans leur imaginaire.

Image size 5 Kb Mika Waltari (1908 - 1979) n'est pas seulement l'écrivain finlandais le plus connu dans le monde, c'est aussi celui qui a, et de loin, la production la plus variée. Romans, pièces de théâtre, romans policiers, satires, contes, livres de voyage, bandes dessinées et même textes de propagande pendant la guerre, il a tout fait sans jamais déroger. Sa production s'est avérée durable et la véracité des faits historiques que lui dictait son intuition continue d'étonner plus d'un spécialiste.

Waltari, qui, outre la philosophie, l'esthétique et la littérature, a aussi étudié la théologie, a débuté par une plaquette qui fut éditée par la Société finlandaise des missions auprès des marins, Jumalaa paossa (La fuite devant Dieu) (1925). Le roman qui le fit connaître, Suuri Illusioni (Ma grande illusion) (1928), livre mélancolique de jeunesse qui décrit l'atmosphère existentielle des années vingt. On le considérait alors comme un écrivain typique de Helsinki, alors que Sillanpää, qui était originaire du cour de la province de Häme, puisait sa force dans la province.

Mais Waltari finit par atteindre la renommée internationale avec un drame à trois dont l'action se situe dans une ferme isolée, en voie de délabrement, Un inconnu vint à la ferme (1937). Ce livre a été publié en dix-sept langues. Après ce succès, Waltari comprit qu'il pouvait écrire pour un public international et décida de continuer dans cette voie.

En 1945, il écrivit Sinouhé l'Égyptien qui raconte l'histoire d'un médecin égyptien entre 1390 et 1335 avant Jésus-Christ. On peut aussi l'interpréter comme la description des déception de la classe moyenne finlandaise et de l'effondrement des valeurs de la vie après une guerre perdue. La description vivante des personnages et la multiplicité des niveaux de ce roman en font l'œuvre majeure de Waltari, celle qui le fit immédiatement connaître dans le monde. C'est le seul livre finlandais à avoir figuré dans les listes américaines et françaises de best-sellers et, pour l'instant, le seul à être resté deux ans parmi les premiers de la liste américaine. Le metteur en scène américain Michael Curtiz en a tiré le film du même nom en 1954.

Comme Sillanpää, Waltari aborde des sujets difficiles. Il s'intéresse aux périodes de transition spirituelle de l'histoire, à la situation difficile de l'humanisme écrasé par la dureté des valaurs matérielles, au problème éternel du bien du mal et à l'homme qui se débat dans les feux croisés des idéologies.

Biography of Frans Eemil Sillanpää
Bibliography of Mika Waltari
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